Ces notes proviennent de la Bible de Jérusalem ( BJ ) et de l’encyclopédie catholique Théo

           

Les cinq premiers livres de la Bible, le Pentateuque ( livre en cinq volumes ), composent un ensemble que les Juifs appellent la « Loi », la Tora. ( BJ )

 

La Genèse

 

            Elle est un tout achevé : c’est l’histoire des ancêtres. ( BJ )

 

L’Exode

 

            Fait partie, avec les deux livres suivants, d’un bloc où, dans le cadre de la vie de Moïse, sont relatés la formation du peuple élu et l’établissement de sa loi sociale et religieuse.

L’Exode développe deux thèmes principaux : la délivrance d’Egypte ( moment de la naissance du peuple d’Israël ), et l’Alliance au Sinaï. Ils sont reliés par un thème secondaire, la marche au désert. ( BJ )

 

Le Lévitique

 

            De caractère presque uniquement législatif. ( BJ )

 

Les Nombres

 

            Ils reprennent le thème de la marche au désert. ( BJ )

 

Le Deutéronome

 

            Ce livre a une structure particulière : c’est un code de lois civiles et religieuses, qui est enchâssé dans un grand discours de Moïse. ( BJ )

 

Livre de Josué

 

            Récit de l’installation des Hébreux en Canaan sous la conduite de Josué, successeur de Moïse. ( Théo )

 

Livre des Juges

 

            Au milieu de l’anarchie des tribus, des envoyés de Dieu se lèvent pour protéger Israël contre ses ennemis. Ils sont appelés « Juges », non parce qu’ils exercent la justice, mais parce-qu’ils exécutent les jugements de Dieu, c’est-à-dire ses interventions en faveur du peuple élu. ( Théo )

 

Livres de Samuel ( 1 S. - 2 S. )

 

            Récit des origines de la royauté : Samuel, juge et prophète, Saül le premier roi, et les péripéties de l’accession au trône de David. ( Théo )

 

Livres des Rois ( 1 R.- 2 R. )

 

            Ces livres qui citent souvent les annales des rois d’Israël et de Juda, décrivent la vieillesse et la mort de David, le règne brillant de son fils Salomon, le schisme des tribus après sa mort en 931, puis l’histoire parallèle des deux royaumes : Israël, le royaume du Nord, finalement écrasé par les Assyriens en 721, et Juda, le royaume du Sud, vaincu par les Babyloniens en 587.

            Soulignant dans cette histoire l’action de Dieu, l’auteur fait une large place à tout un cycle de récits concernant le prophète Elie et son successeur Elisée. ( Théo )

 

Livres des Chroniques ( 1 Ch.- 2 Ch. )

 

            Leurs auteurs, imprégnés de l’esprit du Deutéronome, veulent montrer que Dieu protège Israël lorsqu’il est infidèle à l’Alliance et le punit lorsqu’il s’en écarte. Plus tardifs ( Ive s. ), ils complètent à leur façon les livres de Samuel et des Rois. ( Théo )

 

Les Lamentations de Jérémie

 

            Collection de cinq chants qui décrivent, de façon poignante, la destruction de Jérusalem et la ruine du Temple par Nabuchodonosor. Composés probablement peu après, les Lamentations ne peuvent être attribuées à Jérémie qui vivait au début du siècle, mais elles sont imprégnées de son esprit. ( Théo )

 

Ezéchiel

 

            Son livre se présente comme un tout bien ordonné. Après une introduction, 1-3, où le prophète reçoit de Dieu sa mission, le corps du livre se divise clairement en quatre parties :

a)      les chapitres 4-24 contiennent presque uniquement des reproches et des menaces contre les Israélites avant le siège de Jérusalem ;

b)      Les chapitres 25-32 sont des oracles contre les nations, où le prophète étend la malédiction divine aux complices et aux provocateurs de la nation infidèle ;

c)      Dans les chapitres 33-39, pendant et après le siège, le prophète console son peuple en lui promettant un avenir meilleur ;

d)      Il prévoit enfin, chapitres 40-48, le statut politique et religieux de la communauté future, rétablie en Palestine. ( BJ )

 

Baruch

 

            On met sous le nom de ce disciple et secrétaire de Jérémie cinq chapitres sans grande unité, souvent placés dans les Bibles, avec les Lamentations, en annexe du livre de Jérémie. Il s’agit en réalité d’un écrit du II e s. avant Jésus-Christ qui nous est parvenue dans l’édition grecque de la Bible ( Septante ). ( Théo )

 

Michée

 

            Contemporain d’Isaïe ( entre 740 et 700 ), il dénonce l’injustice et annonce le jugement de Dieu. ( Théo )

 

 

Amos

 

Amos, un paysan venu du Sud, dénonce à partir de 750, à Samarie, l’injustice des riches, annonçant un châtiment de Dieu sur Israël l’infidèle, qui épargnera toutefois un « petit reste ». ( Théo )

 

Osée

 

            Vers la même époque, Osée s’attaque au culte des Baals de village, divinités agraires fêtées par des orgies. En même temps, il révèle à Israël jusqu’où va l’amour de Dieu : celui-ci l’aime comme un époux qui pardonne à son épouse infidèle, comme un père qui chérit le plus rebelle de ses fils. ( Théo )

Isaïe

 

            Le prophète Isaïe est né aux environs de 765 av. JC. L’année de la mort du roi Ozias, en 740, il reçut dans le Temple de Jérusalem sa vocation prophétique, la mission d’annoncer la ruine d’Israël et de Juda en punition des infidélités du peuple. Il exerça son ministère pendant quarante ans, qui furent dominés par la menace grandissante que l’Assyrie fit peser sur Israël et sur Juda. ( BJ ) Ses prophéties seront rassemblées par ses disciples dans les chapitres 1 à 39. « Des additions d’autres origines y seront faites ultérieurement » ( Théo ) Aussi nous aurons le second Isaïe ( chapitres 40 à 55 ), et le trito-Isaïe  ( 56-66 ).

 

Jérémie

 

            Un peu plus d’un siècle après Isaïe, vers 650, Jérémie naissait d’une famille sacerdotale installée aux environs de Jérusalem. Appelé tout jeune par Dieu en 626, la treizième année de Josias, il a vécu la période tragique où se prépara et s’accomplit la ruine du royaume de Juda. La réforme religieuse et la restauration nationale de Josias éveillèrent des espoirs qui furent anéantis par la mort du roi à Meggiddo en 609 et par le bouleversement du monde oriental, la chute de Ninive en 612 et l’expansion de l’empire chaldéen. Dès 605, Nabuchodonosor a imposé sa domination à la Palestine, puis Juda s’est révolté à l’instigation de l’Egypte qui intriguera jusqu’à la fin et, en 597, Nabuchodonosor conquiert Jérusalem et déporte une partie de ses habitants. Une nouvelle révolte ramène les arméees chaldéennes et, en 587, Jérusalem est prise, le Temple est incendié, une seconde déportation a lieu. Jérémie a traversé cette dramatique histoire, prêchant, menaçant, prédisant la ruine, avertissant en vain les rois incapables qui se succèdent sur le trône de David, accusé de défaitisme par les militaires, persécuté, incarcéré. Après la prise de Jérusalem, et bien qu’il vit dans les exilés l’espoir de l’avenir, Jérémie choisit de rester en Palestine auprès de Godolias, nommé gouverneur par les Chaldéens. Mais celui-ci fut assassiné et un groupe de Juifs, craignant les représailles, s’enfuit en Egypte, entraînant Jérémie. C’est probablement là qu’il mourut. ( BJ )

 

Nahoum

 

            Au VIIe siècle avant Jésus-Christ, en trois vigoureux chapitres, il invective Ninive, la capitale de l’Assyrie, symbole des forces du mal déchaînées. ( Théo )

 

 

Sophonie

 

            A la même époque, il proclame le jugement de Dieu, appelle à la conversion et suscite l’espérance des pauvres. ( Théo )

 

Habaquq

 

            Contemporain de Jérémie, il évoque le triomphe de Babylone, qui vient d’écraser les Assyriens et viendra vite à bout du petit royaume de Juda. ( Théo )

 

Prophètes et textes bibliques de la période perse

 

Aggée

 

            Dixième dans le recueil des textes des « Petits prophètes », le très bref message prophétique d’Aggée, bien daté de 520, encourage les exilés revenus à Jérusalem à reconstruire le Temple dont il prédit la gloire future. ( Théo )

 

Abdias

 

            Quatrième dans le recueil des « Petits prophètes », cet oracle bref mais vigoureux dénonce les Edomites, qui profitent de la ruine de Jérusalem pour piller le malheureux royaume de Juda. ( Théo )

 

Zacharie

 

            Le livre de Zacharie, onzième du recueil des « Petits prophètes », comporte deux parties. La première ( 1-8 ), datant de 520, se compose de huit visions symboliques destinées à encourager le réveil religieux d’Israël. La seconde, beaucoup plus tardive ( vers 300 ? ) annonce la venue du Messie et l’établissement du règne de Dieu. ( Théo )

 

Malachie

 

            Au début du Ve siècle, le livre de Malachie termine le recueil des « Petits prophètes ». Il réagit, dans le judaïsme de l’après l’exil, contre le découragement et le manque de respect vis-à-vis des exigences de la Loi. ( Théo )

 

Joël

 

            Le livre de Joël se divise naturellement en deux parties. Dans la première, une invasion de sauterelles qui ravage Juda provoque une liturgie de deuil et de supplication ; Yahvé répond en promettant la fin du fléau et le retour de l’abondance ( 1, 2- 2,27 ). La seconde partie décrit dans un style apocalyptique le jugement des nations et la victoire définitive de Yahvé et d’Israël ( 3-4 ). L’unité entre les deux parties est assurée par la référence au Jour de Yahvé, qui est proprement le thème des chapitres 3-4. Les sauterelles sont l’armée de Yahvé, lancée pour exécuter son jugement, un jour de Yahvé, dont on peut être sauvé par la pénitence et la prière ; le fléau devient le type du grand jugement final, le Jour de Yahvé qui ouvrira les temps eschatologiques.

            L’effusion de l’esprit prophétique sur tout le peuple de Dieu à l’ère eschatologique ( 3, 1-5 ), répond au souhait de Moïse dans Nombres 11, 29 ). Le Nouveau Testament considère que l’annonce s’est réalisée lors de la venue de l’Esprit sur les Apôtres du Christ, et saint Pierre citera tout ce passage ( Actes des Apôtres 2, 16-21 ) : Joël est le prophète de la Pentecôte. Il est aussi le prophète de la pénitence et ses invitations au jeûne et à la prière, empruntées aux cérémonies du Temple ou rédigées sur leur modèle, entreront naturellement dans la liturgie chrétienne du Carême. ( BJ )

 

Proverbes

 

            Ce recueil très disparate se compose d’éléments dont certains peuvent remonter à la période de Salomon ( Xe siècle ). Mais l’ensemble a dû être réuni au Ve siècle et mis, puisqu’il s’agit d’un écrit de Sagesse, sous le patronage du roi Salomon, modèle de sagesse. Prudence humaine, expérience millénaire de l’homme y voisinent avec de vastes aperçus sur le sens de la vie, de la création, de l’histoire, et sur Dieu. ( Théo )

 

Les Psaumes

 

            Les Psaumes ( du grec psalterion, nom d’un instrument de musique à cordes qui accompagnait leur chant ) formaient le recueil des chants religieux d’Israël pour le culte, exprimant le mouvement du cœur de celui qui vit devant Dieu : louanges à Dieu pour ce qu’il est ; supplications individuelles ou collectives dans l’épreuve et les difficultés ; demande de pardon ; actions de grâces pour la délivrance du mal et pour la vie reçues de Dieu. ( Théo )

 

Livre de Job

 

            Une des œuvres les plus fortes de l’Ancien Testament ( Ve siècle ), à la fois par sa puissance poétique et par la profondeur de son thème, qui rejoint la lancinante question de toujours : pourquoi le mal et la souffrance ?

            Job, personnage symbolique plus qu’historique, est un homme comblé par la vie ; mais le voilà qui perd à la fois ses vastes biens, ses nombreux enfants et sa santé. Or il se considère comme un juste, un homme de bien. Il ne peut comprendre que Dieu le punisse, et il se révolte contre son arbitraire. Ses amis veulent le convaincre que, puisqu’il est châtié, il est pécheur. Job refuse de l’admettre et son cri poignant rejoint celui de tous ceux qui subissent le malheur. Provoqué par Dieu à une sorte de combat-débat, il devra reconnaître qu’il ne peut sonder les desseins de Dieu et qu’il doit savoir se taire devant lui.

            Le dénouement sera heureux : Job retrouvera santé, richesse, famille, considération. Mais la grande question de l’homme à Dieu reste posée, et en termes inoubliables : pourquoi le mal et la souffrance immérités ? ( Théo )

 

Le Cantique des Cantiques

 

            Difficile à dater, ce poème est-il du Ve, du Vie, du IIIe siècle ? Son titre a le sens d’un superlatif : « le plus beau des Cantiques » ( comme le « saint des saints » désigne le lieu le plus sacré du Temple ). On ne s’attend pas à trouver dans la Bible ce recueil de chants passionnés, qui expriment la beauté de l’amour humain et évoque tout le manège amoureux de poursuite et de possession.

            Le Cantique, en chantant la dignité de l’amour humain, symbolise la relation d’amour que l’Alliance établit entre Dieu et son peuple, entre Dieu et le croyant, entre le Christ et son Eglise : c’est ainsi que l’a interprété la mystique chrétienne. Les Juifs le lisent lors de la Pâque. ( Théo )

 

Jonas

 

            Cinquième recueil des « Petits prophètes », le livre de Jonas semble être, lui aussi, de la période post-exilique. Plus qu’une prophétie, c’est un récit, une sorte de cours moral.

            Chargé par Dieu d’aller reprocher aux habitants de Ninive ( capitale de l’Assyrie ) leur conduite, Jonas, pris de panique, s’enfuit dans le premier bateau en partance. Survient une tempête menaçante ; Jonas reconnaît qu’i a provoqué ce châtiment par sa désobéissance à Dieu. Jeté à la mer par l’équipage, il est avalé par un énorme poisson.

            Dans les entrailles de l’animal, il demande pardon à Dieu et promet de lui obéir. Vomi par le poisson après trois jours, le prophète s’empresse de gagner Ninive, et parcourt les rues de l’immense cité en annonçant sa destruction. Les Ninivites, roi en tête, se convertissent alors, et Dieu les épargne.

            Double moralité : un prophète ne doit pas se dérober à l’appel de Dieu ; et Dieu aime les païens, il est prêt à leur pardonner. Jésus, dans l’Evangile, a recouru à ce qu’il a appelé « le signe de Jonas » pour annoncer sa résurrection le troisième jour après sa mort. ( Théo )

 

Les Chroniques

 

            Les livres des Chroniques dans l’Ancien Testament forment un ensemble, artificiellement coupé en deux formes. On pense qu’ils ont été écrits par le même auteur que les livres d’Esdras et de Néhémie, vers le milieu du Ive siècle avant Jésus-Christ.

            Reprenant toutes sortes de documents, dont certains nous sont connus par ailleurs, n’hésitant pas à reproduire mot à mot des passages des livres de Samuel et des Rois, l’auteur veut donner au Judaïsme post-exilique un grand panorama de l’histoire du peuple élu, depuis la création du monde jusqu’à la fin de l’exil. Par comparaison avec la série historique inspirée par le Deutéronome ( Josué, Juges, Samuel, Rois ), on voit bien où sont les idées maîtresses du « chroniqueur » : idéalisation des figures de David et de Salomon, ainsi présentés comme les rois selon l’exacte volonté de Dieu, place centrale du Temple, du culte, du sacerdoce, tout converge vers une conception théocratique qui sera celle du Judaïsme après l’Exil. Dans le domaine des faits, les livres des Chroniques apportent peu d’éléments nouveaux, mais sont intéressants par leur conception de l’histoire et par la théologie qui la sous-tend. ( Théo )

 

Le Second Isaïe ( chapitres 40-55 )

 

            Peu avant la fin de l’Exil ( 538 ), un prophète juif inconnu ajouta au recueil d’Isaïe des oracles que l’on appelle souvent « le Livre de la consolation » ( Isaïe 40-55 ). Ils annoncent le salut proche et glorifient Cyrus, instrument de Dieu. Dans ces chapitres sont insérés plusieurs poèmes, les Chants du Serviteur ( Isaïe 42 ; 49 ; 50 ; 53 ), qui décrivent un mystérieux serviteur choisi par Dieu, animé par son Esprit, lumière des nations, broyé par la souffrance, mais finalement glorifié. Peut-être l’auteur s’est-il inspiré du sort tragique du roi de Juda Joiakin, mort en captivité ? Peut-être veut-il désigner l’ensemble des exilés juifs à Babylone, petit reste à qui Dieu confie une mission universelle ? En tout cas, ces poèmes devaient donner un éclairage nouveau à la figure du Messie attendu par Israël.

            Les disciples de Jésus, pour faire comprendre la mission de leur maître et sa mort affreuse, ont eu recours à ces Chants du Serviteur, spécialement au dernier ( Isaïe 52, 13-53, 12 ), qui forme comme un cinquième évangile de la passion et de la mort de Jésus. ( Théo )

 

Le Livre de Ruth

 

            Le récit charmant qui constitue le livre de Ruth a pour cadre le pays de Canaan au temps des Juges, en quelque sorte le Moyen-Âge de l’histoire d’Israël avant l’ère chrétienne ! Ruth, une Moabite, et donc une étrangère, est la veuve d’un Israélite. Par fidélité à son époux disparu, elle décide de suivre sa belle-mère dans son pays. Elle y épousera le riche Booz, bisaïeul de David, et ainsi cette étrangère prendra place dans l’ascendance royale et dans celle de Jésus. C’est probablement après l’Exil, au Ve ou Ive siècle, quand s’est posée dans la société juive la question du renvoi des femmes étrangères pour préserver l’identité nationale, que fut composé ce récit. ( Théo )

 

Esther

 

            Livre très tardif ( fin IIe s.) Il raconte l’histoire d’une jeune Juive, épouse d’un empereur perse dénommé Assuérus qui pourrait être Xerxès Ier ( 486-465 ) ou son successeur Artaxerxès. Grâce à Esther, les Juifs de l’empire échappent à un pogrom préparé par leur ennemi mortel, le ministre Aman. Cette histoire édifiante est à l’origine des fêtes de la liturgie juive, Purim ( en persan, « les sorts », célébrée joyeusement ; elle a inspirée la tragédie de Racine Esther. ( Théo )

 

Esdras

 

            Le livre de l’Ancien Testament qui porte son nom fait le récit des péripéties du retour des Juifs à Jérusalem à partir de 538 avant Jésus-Christ et y situe, à une date sujette à discussion ( 458 ? 398 ? ), l’action décisive du prêtre et scribe Esdras. Celui-ci s’occupa, en particulier, d’assurer le culte et la pratique de la loi. Les Juifs ont gardé le souvenir de la lecture solennelle qu’il fit en public des livres de la Loi, reconnue parle roi perse comme loi d’Etat pour les Israélites. On rattache à l’action d’Esdras la fixation définitive du texte du Pentateuque, ainsi que la composition des livres des Chroniques. Il est considéré comme le père du judaïsme. ( Théo )

 

Néhémie

 

            Au retour de l’Exil, les Juifs qui reconstruisaient Jérusalem rencontraient toutes sortes de difficultés. Néhémie, fonctionnaire juif du roi de Perse Artaxerxès Ier, obtint de celui-ci les pouvoirs qui lui permirent, au cours de deux voyages à Jérusalem en 445 et 425, de relever les murailles de la ville, et de réorganiser le culte aux frais du trésor public. Son action est décrite dans ce livre de l’Ancien Testament qui porte son nom ( charnière Ve-IVe siècle avant Jésus-Christ ). ( Théo )

 

 

 

Textes bibliques de la période grecque

 

Les livres des Maccabées

 

            Le mot Maccabée ( qui sous l’orthographe Macchabée est entré dans l’argot au XIXe siècle pour désigner un cadavre ) fut d’abord le simple surnom d’un résistant juif. La Judée, sous les rois perses et grecs, avait joui de la liberté religieuse jusqu’en 167, année du roi séleucide Antiochus IV Epiphane décida d’imposer par la force aux Juifs la culture et la religion grecques. Une statue de Zeus ( « l’abomination de la désolation » ) fut même érigée dans le Temple de Jérusalem et de nombreux Juifs préférèrent le martyre à l’apostasie.

            Le prêtre Matttathias prit le maquis avec ses cinq fils. L’un d’eux, Judas, surnommé Maccabée ( surnom au sens incertain ), se distingua par de hardis coups de mains. Finalement, les rois séleucides cédèrent devant la guérilla, et un Etat juif put même s’instaurer. Les Livres des Maccabées ( Ier siècle avant J C ) rapportent ces évènements. On les appelle maintenant, plus justement, livres des Martyrs d’Israël. ( Théo )

 

Daniel

 

            Unique en son genre, le livre met en scène un jeune Israélite qu’il appelle Daniel, serviteur à la cour de Babylone et de Perse, qui garde sa fidélité à la Loi malgré les supplices de la fournaise et de la fosse aux lions ; le jeune héros interprète les songes, révèle la volonté de dieu, prédit la succession des empires jusqu’au triomphe définitif de dieu et des justes, auxquels est promise la résurrection. Toutes ces révélations sont présentées dans un style riche en images symboliques, celui des apocalypses ; d’autres auteurs postérieurs, et surtout saint Jean, ont d’ailleurs repris les thèmes de Daniel et ses images fantastiques.

            Le livre de Daniel, écrit vers 160, au temps de la persécution d’Antiochus Epiphane et de la guerre de libération, pour soutenir la volonté de résistance chez les Juifs, comporte des passages en araméen et des additions en grec. Il est donc assez différent dans la Bible juive et dans les versions catholique ou protestante. ( Théo )

 

Les derniers écrits de l’Ancien Testament

 

Les écrits de Sagesse

 

Qohélet ou l’Ecclésiaste

 

            Ce petit livre déconcertant date du IIIe siècle av. J C ; C’est une réflexion sur la fragilité de la vie humaine ( « vanité des vanités » ) fut celle d’un roi comme Salomon !

            Le nom hébreu Qohélet, désigne celui qui parle dans l’assemblée ( qâhâl en hébreu, ekklesia en grec, d’où le nom d’Ecclésiaste ). On sent affleurer dans ce livre au ton parfois désabusé les questions sur le sens de la vie qu’a posées à la foi juive le contact avec la pensée des philosophes grecs. ( Théo )

 

Siracide ou Ecclésiastique

 

            Composée vers 190 av. J C. et traduite en grec vers 130, c’est l’œuvre d’un sage, « Jésus, fils de Sira ( ou Sirach ) » ; imprégné de sa foi juive, il unit l’amour de la sagesse et le culte de la Loi.

            Pour lui, la sagesse s’identifie au livre de l’Alliance, la Torah, et demeure dans le peuple d’Israël ( Si. 24 ). Le vrai sage est donc celui qui sert Dieu fidèlement, à l’exemple des ancêtres.

            Cet ouvrage fait partie de la version grecque de la Bible ( Septante ) ; il n’a donc pas été retenu dans le canon juif, bien qu’on ait retrouvé des traces de l’original hébreu. Son titre latin Ecclésiastique date du IVe siècle de notre ère et souligne sans doute l’usage qu’en faisait à cette époque l’Eglise, contrairement à la Synagogue. ( Théo )

 

 

 

Livre de la Sagesse

 

            Ce livre, le dernier en date de tout l’Ancien Testament, a été mis sous le patronage fictif du roi Salomon. En réalité il a été composé en grec, au Ier S. av. J C., par un Juif d’Alexandrie. Sous le vêtement de la langue et de la philosophie grecques, l’auteur présente la doctrine traditionnelle juive. La vraie sagesse vient de Dieu, s’acquiert par la prière et donne le bonheur. Les merveilles de la création et celles de l’histoire d’Israël s’unissent pour chanter la providence de Dieu. Par delà la mort, l’auteur affirme clairement l’immortalité bienheureuse du juste auprès de Dieu. ( Théo )

 

Autres écrits de la dernière période

 

Livre de Tobit

 

            Tobit ou Tobie, peu importe. Il s’agit d’un petit roman populaire tout imprégné de l’idéal de piété du judaïsme tardif. Il décrit les mésaventures de Tobit et de son fils Tobie, dans le monde des Juifs exilés au sein du vaste empire perse, quatre siècles plus tôt. L’art du conteur, son sens du merveilleux et son humour apportent beaucoup de fraîcheur au récit, qui met en valeur l’idéal du mariage et de la famille, les devoirs religieux de la prière, du jeûne, de l’aumône, les obligations envers les morts… La confiance en Dieu y éclate à chaque page. Connu seulement dans la traduction grecque des Septante, ce livre est deutéro-canonique, c’est-à-dire qu’il n’a pas été retenu dans le canon juif des Ecritures, mais il l’est dans le canon catholique. Sa date : entre Ve et IIIe s. av. J C. ? ( Théo )

 

Livre de Judith

 

            Livre de fiction comme le livre de Tobit ou celui d’Esther, le livre de Judith raconte la belle histoire de la délivrance de Béthulie, ville assiégée au temps de Nabuchodonosor. Une veuve aussi belle que pieuse et courageuse, Judith, ose s’introduire dans le camp ennemi ; le général Holopherne, captivé par sa beauté, l’introduit dans sa tente, où elle lui tranche la tête. Ce roman historique exalte la foi en Dieu, l’esprit de résistance, le nationalisme juif. Il a été sans doute composé au temps du soulèvement maccabéen ( IIe s. av. J C. Traduit dans la Septante, il n’a pas pris place dans le canon juif, mais figure dans le canon catholique. ( Théo )

 

 

 

 

 

Exode, Exil et Pentecôte


L’Exode

 

Après un long séjour en Egypte, vers 1250 av. JC, le peuple hébreux a vécu l’Exode qui lui a permis de rejoindre la Terre Promise. L’Exode va donner naissance au peuple d’Israël comme en témoigne le psaume 113 :

 

Quand Israël sortit d’Egypte,

Et Jacob, de chez un peuple étranger,

Juda fut pour Dieu un sanctuaire,

Israël devint son domaine.

( Psaume 113, 1-2 )

 
L'Exil

 

            L’Exil, qui a duré cinquante ans, est la conséquence des trois déportations réalisées par Nabuchodonosor en 597, 587 et 582 comme en témoignent 1 Rois 24, 14, 1 Rois 25, 11 et Jérémie 52, 28 ss. Le retour au pays ne sera possible qu’après la chute de Babylone et l’édit de Cyrus en 538. Ce séjour en terre étrangère semble être le temps d’une désillusion pour le peuple que Dieu avait introduit dans la Terre Promise, Dieu qui, par ailleurs,  n’avait pas empêché la destruction du Temple.

 

            Nous avons vu plus haut, qu’à sa sortie d’Egypte, « Juda fut pour Dieu un sanctuaire, ( qu’ ) « Israël devint son domaine ».  A cet état de fait s’applique, dans une certaine mesure, ces paroles du Livre de l’Apocalypse : « Voici la demeure de Dieu parmi les hommes » ( Apocalypse 21, 3 ). Durant l’Exil, Dieu fera comprendre à son peuple qu’il n’est pas enfermé dans un Temple et parlera en ces termes de son mode de présence au sein des exilés : « Oui, je les ai éloignés parmi les nations, je les ai dispersés dans les pays étrangers et j’ai été pour eux un sanctuaire, quelque temps, dans le pays où ils sont venus » ( Ezéchiel 11, 16 ). Ce mode de présence nous renvoie à la vision qu’a eu saint Jean du monde à venir dans le Livre de L’Apocalypse : « De temple, je n’en vis point en elle ; c’est que le Seigneur, le Dieu Maître de tout, est son temple, ainsi que l’Agneau. » ( Apocalypse 21, 22

 

            Il n’en demeure pas moins qu’en l’absence du Temple et, par conséquent, du culte sacrificiel, l’Exil favorisera la naissance d’une liturgie synagogale avec la lecture et les commentaires de la Parole de Dieu, et la prière.

           

            La fin de l’Exil qui permettra un nouvel Exode, sera le temps de la naissance du Judaïsme avec le discours prononcé par le prêtre Esdras dans Néhémie 7, 72b à 8, 18. Accueillons ce que nous dit La Bible Des Communautés Chrétiennes de ce discours :

 

« Cette première lecture publique de la Loi marque une date très importante de l’histoire sainte. Jusqu’à ce moment, les Israélites vivaient leur foi en priant et en participant aux cérémonies du Temple. Ils recevaient des prêtres et des prophètes, prédication et décisions de Dieu. Ils n’éprouvaient pas le besoin de lire les Ecritures.

           

            Plusieurs livres de la Bible existaient déjà, mais on les gardait dans le Temple ou dans les palais des rois : ils n’étaient, ni à la portée du peuple, ni le fondement de sa foi.

 

            Mais maintenant apparaissent de nouvelles exigences : il n’y a plus de prophètes comme avant. Esdras comprend qu’à l’avenir la communauté juive se développera grâce à la lecture, la méditation et l’interprétation du livre sacré. Esdras lui-même s’efforce de rassembler et de compléter les livres sacrés, et c’est le commencement d’un second âge où la Bible sera le livre de tous et la base de leur foi ». ( BDCC p.478-479 )

 

La Pentecôte

 

            Après la mort et la résurrection du Christ, l’envoi de l’Esprit-Saint sera le moment de la naissance de l’Eglise qui est un édifice composé de pierres vivantes. Aussi saint Paul s’adresse-t-il en ces termes aux chrétiens d’origine païenne ( les pagano chrétiens ) qui les ont rejoint : « Vous n’êtes plus des étrangers ni des hôtes ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu. Car la construction que vous êtes a pour fondation les apôtres et prophètes, et pour pierre d’angle le Christ Jésus lui-même. En lui toute construction s’ajuste et grandit en un temple saint, dans le Seigneur ; en lui, vous aussi, vous êtes intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu, dans l’Esprit. » ( Ephésiens 2, 19-22 ) Et Jésus est à ce point uni à l’Eglise, qu’il fait corps avec elle. En effet, elle est le Corps dont il est la tête. Le baptême nous incorpore à lui. Il nous revient encore comme en écho : « Voici la demeure de Dieu parmi les hommes ».

 

            C’est du même saint Paul que nous viennent ces autres expressions très significatives:

 

            « C’est nous qui sommes le temple du Dieu vivant. » ( 2 Corinthiens 6, 16 )

           

« Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Car le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c’est vous. » ( 1 Corinthiens 3, 16-17 ) Cette deuxième expression a une connotation personnelle qui signifie que chaque baptisé est temple de Dieu. Il est la vigne dont chaque baptisé est un sarment ( cf. Jean 15, 5 ) auquel il dit : « Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui ». ( Jean 6, 56 )

 

Plus on avance dans la Bible, donc dans l’Histoire sainte, plus on passe d’une dimension collective à une dimension personnelle de la foi, de la responsabilité collective à la responsabilité personnelle ( cf. Ezéchiel 18 ), de pratiques extérieures à une intériorisation des choses. On ira donc progressivement vers une relation personnelle avec Dieu qui, avec la naissance du Christianisme, entraînera la remise en question des pratiques extérieures de L’Ancienne Alliance.

 

 

 

 

Par Roger BERTHOL
Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 19:20

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