Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 19:08

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1, 1-8

 

    Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Il était écrit dans le livre du prophète Isaïe :

 

Voici que j’envoie mon messager devant toi,

Pour préparer ta route.

A travers le désert, une voix crie :

Préparez le chemin du Seigneur,

Aplanissez sa route.

   

Et Jean le Baptiste parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés.

   

Toute la Judée, tout Jérusalem, venait à lui dans les eaux du Jourdain, en reconnaissant leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins, et il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés dans l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

 

Homélie

 

La liturgie de ce jour nous invite, par la voix de Jean-Baptiste, à préparer le chemin du Seigneur, à aplanir sa route. Déjà dans la première lecture, Isaïe faisait cette prophétie : « tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées, les passages tortueux deviendront droits et les escarpements seront changés en plaine. » ( Isaïe 40, 4 )

 

Ceux qui venaient se faire baptiser par Jean semblent adhérer à ce projet, car ils reconnaissaient leurs péchés et étaient prêts pour un nouveau départ qui suppose un retour à Dieu. C’est d’ailleurs dans le désert que retentit la voix de Jean-Baptiste. Le désert qui est un lieu de retraite , un lieu où on peut faire silence en soi pour se retrouver, pour faire le point et pour écouter la voix du Seigneur. Avant d’aller plus loin, demandons-nous si nous nous donnons ces moyens, si nous avons trouvé des temps de désert à offrir à Dieu ?

 

Précisons enfin que le propre du désert, c’est d’être un lieu où les chemins ne sont pas dores et déjà tracés. Au contraire, c’est le lieu où, à défaut de pouvoir trouver le vrai chemin, chacun essaie de s’en frayer un, qu’il soit artiste, scientifique, ou philosophe athée. Notre monde est donc ce désert où l’humanité toute entière cherche le véritable chemin, la vérité et la vie en plénitude.

 

Jésus est justement descendu sur notre terre pour dire aux hommes :

Je suis le Chemin que vous cherchez,

Je suis la Vérité que vous cherchez,

Je suis la Vie que vous cherchez.

 

        Nous nous préparons à l’accueillir, lui qui va naître parmi les hommes à Noël, néanmoins nous savons c’est surtout dans le cœur de chaque homme qu’il désire naître et grandir. Aussi, c’est dans le cœur de tout homme qu’il convient de combler les ravins, de boucher les moindres trous, de colmater les moindres fissures. C’est dans le cœur de l’homme qu’il convient de rendre droits les passages tortueux, les « zig zags ».

 

        C’est dans le cœur de l’homme qu’il convient d’éliminer les moindres bosses, les moindres déformations et à plus forte raison, les montagnes et les collines qui ont pour noms : l’orgueil, la rancune qui en est le fruit, la haine, les jugements, les mauvaises pensées ainsi que toutes sortes d’impuretés. Ces efforts qui nous sont demandés ne se limitent pas au temps de l’Avent, étant donné que c’est durant toute notre vie que nous devons nous efforcer de rejeter tout ce qui fait obstacle à l’action de Dieu en nous.

 

En ce jour, le Christ nous invite à être, pour nos semblables, d’autres Jean-Baptiste, en leur demandant, à eux aussi, de lui préparer le chemin. Nous n’avons pas forcément à les exhorter à la manière de Jean. L’essentiel, c’est que nous soyons déjà des témoins de l’amour, de la justice, de la paix et de la miséricorde qui émanent de Dieu. Par conséquent, c’est toute notre vie qui doit être bonne nouvelle pour nos frères. Deux exemples tirés de la vie de l’abbé Pierre peuvent nous en convaincre.

 

Il rapporte qu’alors qu’il n’était âgé que de six ans, ses frères avaient été invités à une fête, mais pas lui qui était trop petit. A leur retour, ses aînés lui demandèrent s’il voudrait savoir comment cela s’était passé, mais lui ne voudra rien entendre. Devant cette réaction provoquée par la jalousie, son père le prend à part et lui pose cette question : « est-ce que ça te dérange de voir les autres heureux ? »  La réponse a été mûrie, et  s’est traduite plusieurs années après par le comportement de Pierre qui a passé le reste de sa vie à renoncer à lui-même, pour rendre les autres heureux.

 

L’abbé rapporte aussi que son père était un homme d’affaires aisé qui, le dimanche, devenait le coiffeur des clochards. Un jour, alors que le petit Pierre n’avait que 12 ans, il a accompagné son père dans cette sombre pièce transformée en salon de coiffure. C’est alors qu’il sera témoin d’une scène qui le marquera à jamais : son père enlevait des poux aux clochards. Ce fut un véritable choc pour lui, mais plus tard il témoignera en affirmant : « pour le croyant que je suis, cela s’appelle la grâce. » Aussi pouvons-nous nous rendre compte que son père a  largement contribué à ce que les chemins du Seigneur soient préparés dans son cœur en lui ouvrant toutes grandes les portes de l’amour ( charité ) dont sainte Thérèse de l’Enfant Jésus a dit qu’il « renfermait toutes les vocations ».

  

A la lumière de tout ce que nous venons de voir, rappelons-nous que ce que le Seigneur attend de nous, c’est d’être ses témoins, ce qui sous-entend une manière d’être et de vivre plus qu’une manière de parler. Demandons au Seigneur de nous donner un cœur nouveau, semblable au sien, afin que nous soyons plus à même de contribuer à ce que ses chemins soient préparés dans le cœur de tous.

 

                                                                                                                  Roger Berthol  

                                   

Par Roger BERTHOL
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